Il est une
soirée à Lyon que j’ai découvert il y a quelques semaines et que, désormais, je
ne raterais pour rien au monde. L’épouvantable
vendredi, projection consacré au film d’horreur à l’institut lumière. Tous
les deux mois environ, quelques fans de films de genre, plus ou moins nombreux
selon le thème de la soirée, se rendent au Hangar du premier film de l’institut
Lumière afin de frissonner devant deux bons films d’horreur. Bien évidemment,
vendredi dernier j’y étais pour la spéciale torture
porn. Au programme, Hostel et Hostel 2, d’Eli Roth. Retour
sur un genre trop méconnu.

Le Torture porn est un genre un peu à part
au cinéma. Pour mieux comprendre le phénomène, il nous faut remonter à la fin
des années 70. Nous sommes à la fin de deux décennies d’apogée pour le cinéma
de genre italien. Les réalisateurs transalpins s’illustrent alors dans tous les
domaines. Sergio Leone dans le western spaghetti, Ruggero Deodato dans le
cinéma d’horreur. Federico Fellini est une légende du cinéma. Bref, le septième
art est en pleine effervescence en Italie. Et c'est en plein dans cette époque
charnière que sera réalisé l’œuvre qui va fondé le Torture porn. Salo ou les 120 journées de Sodome
de Pier Paolo Pasolini. C'est un film qu'il est intéressant de connaître à
plusieurs titres. Tout d'abord parce qu'il a introduit les codes de ce nouveau genre
cinématographique. Dans un univers clos, des jeunes gens sont soumis à des
sévices qui leurs sont infligées par un ou plusieurs tortionnaires et qui
finisse dans la grande majorité des cas par la mort. C'est pas très joyeux tout
ça. Mais c'est exactement ce que propose Pasolini à ses spectateurs. Une montée
en puissance de la violence et de la perversion qui fini dans El girone del sangue (le cercle du sang), le quatrième et dernier acte du film,
par la mort des adolescents suite à diverses tortures et mutilations. Le film
marque un tournant dans l'histoire du cinéma de genre mais aussi de la culture
en général. En effet, pour la première fois, la violence et la cruauté sont
montrées franchement et directement, de la manière la plus crue qui soit. La
violence a toujours été présente dans l'art. Dans le Guernica de Pablo
Picasso, dans les nombreuses interprétations picturales de L'enlèvement des Sabines… Mais le cinéma est l'art le plus grand
public et permet de créer une illusion quasi parfaite de la réalité. C'est en
cela que Salo représente un tournant dans l'histoire de l'art. De la
violence et de la cruauté à l'état pur. Mais à l'époque, l'importance qu'allait
avoir le film, notamment dans le cinéma d'horreur, n'était pas vraiment
perceptible. Pour la censure l'œuvre allait tout simplement trop loin. Elle a
donc été censurée ou interdite dans de nombreux pays pendant plusieurs années.
Sa projection a même été interdite en 2007 à Zurich. Salo est sans conteste,
l'une des œuvres les plus controversées du XXème siècle. Des débuts
en fanfare pour un genre qui ne laisse personne indifférent. On va s'arrêter là
avec l'histoire du cinéma ne vous en faites pas. Nous voilà de retour dans le
présent. Pour donner un bonne aperçu de l'ampleur du phénomène Salo,
sachez simplement que c'est un film qui a profondément marqué et influencé Tom
Six, le réalisateur du monstrueux The human centiped (âme sensible
s'abstenir). De même, Gaspar "Enter the void" Noé éprouve,
encore aujourd'hui un profond malaise à chaque visionnage du film.
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| La salle de bain du Saw 1 |
Mais si on dépasse ce côté
ultraviolent et pervers, on tombe parfois sur des films avec un vrai message à
faire passer. Tout comme Salo interrogeait sur notre rapport
au pouvoir, à la toute-puissance, à l'autre et à son corps, Saw
se penche sur l'instinct de survie, la vengeance et la valeur que chacun donne
à la vie que ce soit à la sienne ou à celle de l'autre.
Le Torture porn c'est un peu comme Casimodo, c'est laid et repoussant
au premier abord, mais quand on prend le temps de s'y intéresser sincèrement,
ça devient, contre toute attente, intéressant et enrichissant.
A French Watcher

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