vendredi 7 novembre 2014

INTERSTELLAR : Pas le meilleur Nolan

Sortie de salle après « Interstellar », le tout dernier film du grand Christopher Nolan. Alors ce film a beaucoup fait parler et pour cause, il marque le retour de Christopher Nolan, deux ans après l’énorme succès de « The Dark Knight Rises ». Autant dire que le britannique était attendu au tournant par des spectateurs et des critiques prêts à le porter en triomphe ou à l’enfoncer six pieds sous terre. Donc voilà, « Interstellar » qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on ne peut pas rester indifférent.

J’ai déjà connu ce genre de sortie. On attend, on attend pendant des semaines, pendant des mois et le jour du fameux mercredi, on est la devant la salle, prêt à découvrir ce que nous a concocté ce réalisateur qu’on tient en si haute estime. Seulement voilà, des fois le résultat n’est pas du tout à la hauteur de nos attentes (cliquez-ici si vous ne voyez pas de quoi je parle). Ce sont des choses qui arrivent, il faut en avoir conscience. Même les plus grands peuvent passer à côté d’un film.

Je rentre donc dans la salle et m’installe. A ce moment-là, j’en suis au point zéro. Je n’ai rien lu sur le film et je ne suis même pas sûr d’avoir vu la bande annonce une fois en entier. Comme souvent je viens là en candide pour avoir le plaisir de découvrir un film. Aucun a priori, aucune attente particulière : le meilleur moyen de demeurer objectif.

Pour ce qui est du pitch, Interstellar c’est l’histoire d’un ancien pilote de la NASA nommé Cooper qui tente d’élever sa fille Murph et son fils Tom après la mort de leur mère. Mais le monde est en perdition et la catastrophe ne peut plus être évitée, à moins qu’un nouveau monde soit trouvé sur une autre planète. Tel est le but de la mission Lazare pour laquelle Cooper est recruté. Il va donc quitter la Terre et ses enfants pour tenter de les sauver.

Alors oui, Nolan avait annoncé au Comic Con de Las Vegas qu’Interstellar s’écarterait de ses précédentes productions, et se rapprocherait des films de science-fiction ayant bercé son enfance. Il avait aussi assuré qu’il avait tourné le film en gardant à l’esprit «l’âge d’or du blockbuster», selon ses propres termes. Voilà tout est dit. Ca résume assez bien l’impression que m’a laissée le film. Pourtant il y a quelques supers idées, la relation père-fille ainsi que la problématique du temps sont deux sujets qui méritent, à mon sens, qu’on s’y attarde et c’est dans cette direction qu’aurait dû partir le film. Mais là on n’a pas le temps de s’arrêter à des choses comme ça, il s’agit de sauver le monde à grand coup de vaisseaux spatiaux et de colonies intergalactiques (je schématise à peine). Matthew McConaughey est bon en père regrettant d’avoir abandonné sa fille sans même pouvoir lui dire au revoir convenablement,  mais au final l’émotion passe un peu au second plan derrière les effets spéciaux et les théories scientifiques.

Toutefois le talent ne se perd pas, le son du film est traité de façon à en faire un élément de mise en scène super important. Assourdissant pas moment il laisse place tout d’un coup au silence total qui nous renvoie à l’immensité du vide absolu de l’univers. Au passage la musique de Hans Zimmer n’est pas magistralement ressortie comme ça arrive souvent mais en même temps, il faut savoir qu’il l’a écrite sans même avoir pu lire le scénario.

Les effets spéciaux sont spectaculaires et très réussis c’est vrai, mais ça ne rattrape pas le manque de fond. En fait, tout ça m’a semblé assez fouillis. Nolan aborde plein plein de thème à travers tout le film : la gestion des ressources naturelles, la nature qui se retourne contre l’homme, l’intérêt de l’exploration spatiale, la possibilité de coloniser d’autres planètes, les relations père-fille, la monoparentalité, le temps, l’instinct de survie… C’est trop ! Pas moyen d’approfondir quoi que ce soit. On passe donc de problématique en problématique sans vraie tentative de réponse de la part de Nolan. Et la fin du film est un peu à cette image. On ne sait plus trop où on est, on ne sait pas du tout où on va. Il y a des « eux » dont tout ce que l’on sait, c’est qu’ils sont en 5 dimensions et il y a Cooper complètement paumé dans l’espace.

Je ne dirais pas qu’Interstellar est un ratage total, mais des plans de l’espace agrémentés d’une tonne d’effets spéciaux ne suffisent pas à faire un bon film. Pas vraiment une déception mais Interstellar n'est clairement pas le meilleur film de Christopher Nolan. On aurait pu s’attendre à mieux.

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