jeudi 3 avril 2014

Rétro Darren Aronofsky #2 Requiem for a dream


Dans quelques jours sort un film que j’attends depuis près de deux ans. C’est bien simple, pour moi c’est tout simplement le film de l’année. Un péplum biblique pour lequel la Paramount a déboursé 125 millions de dollars. Là normalement, si vous ne vivez pas dans une grotte vous devez voir de quel film je parle. Pour les autres il s’agit de Noé de Darren Aronofsky. Tout simplement mon réalisateur préféré. Pour ceux qui ne voient pas qui c’est, je vous donne quatre mots pour trouver : Requiem, For, A, Dream. Là en principe c’est bon, tout le monde situe. Petit focus sur le parcours d’un réalisateur dont le succès n’a d’égal que le talent.

Après le franc succès de Pi, Aronofsky se lance sur son deuxième projet. Le grand, l’immense Requiem for a dream. Selon moi, il s’agit tout simplement de l’un des tout meilleurs films de l’histoire du cinéma. La mise en scène est exceptionnelle, le montage est très clipé, l’image très travaillée et que dire de la musique, si ce n’est que c’est l’une des bandes originales les plus connues du cinéma moderne. Je pourrais consacrer des pages et des pages à ce film. Un film qui a fondamentalement changé ma vision du cinéma et même de l’art en général. On notera donc que ce film a révélé au grand public, non seulement le talent de Darren mais aussi celui de son compositeur et ami Clint Mansell. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur tous les films d’Aronofsky. Notons également que sur les cinq prix qu’a pour l’instant remportés Mansell, quatre l’ont été sur des films de Darren Aronofsky. Une fusion artistique qui atteint la quasi perfection sur Requiem for a dream et sur The Fountain. Requiem for a dream est un film d’une telle intensité et d’un tel réalisme qu’il est aujourd’hui visionné en faculté de psychologie pour étudier les comportements de toxicomanes. Il est également projeté dans les écoles afin de sensibiliser les jeunes aux problématiques sociales de la drogue. Le film est un succès planétaire et totalise plus de 3,6 millions d’entrées. Et le succès critiques est encore une fois au rendez-vous. Récompenses et nominations pleuvent notamment pour Elen Burstyn et son interprétation de Sarah Goldfarb. Et ça n’a rien d’étonnant. Elen Burstyn ce n’est pas n’importe qui. Avant Requiem for a dream en 2000, on avait déjà pu la voir dans de nombreux film et notamment dans le très célèbre L’exorciste de William Friedkin en 1973. Sur Requiem, la belle Jennifer Connelly - qu’on retrouve sur Noé – interprète la belle Marianne, petite amis d’Harry lui-même le fils de Sarah. Quant au héros, Harry Goldfarb, il est campé pas Jared Leto qui n’est pas n’importe qui lui non plus puisqu’à l’époque il a déjà travaillé avec David Fincher sur Fight Club ou encore Terrence Malick dans La ligne rouge. Il ne me reste juste qu’un quatrième personnage à vous présenter et le tableau sera pratiquement complet. Il s’agit de Tyrone, le pote d’Harry, grand black plutôt cool, c’est probablement le personnage qui s’en sort le mi… euh, le moins mal. Parce que, pour ceux qui n’ont pas vu le film (j’espère que tu l’as vu, si ce n’est pas le cas, il faut remédier à ça au plus vite !) Requiem for a dream dépeint la lente et douloureuse descente aux enfers de ces quatre personnages : Harry, sa mère Sarah, son pote Tyrone et sa petite amie Marianne. Un enfer qui atteint son paroxysme au cours des 10 dernières minutes. Une monstruosité ! Aronofsky passe d’un personnage à l’autre très rapidement. Il nous assène des images de plus en plus dures en montage alterné.
Une mise en scène qui finit par donner des hauts le cœur et qui se clôt sur un terrible sentiment de malaise pour le spectateur. Ce sont 10 minutes de pur cinéma. Lors de mon premier visionnage du film, je ne pouvais même pas imaginer qu’une œuvre d’art puisse me faire ressentir une telle chose. J’ai eu 20 bonnes minutes de nausées. Depuis ce jour là je vois la création artistique d’une façon nouvelle. L’ambiance du film est extraordinaire, la musique se marie parfaitement avec l’image. L’image, je ne m’y suis pas vraiment arrêté d’ailleurs. Comme on l’a vu avec les acteurs, Aronofsky ne s’entoure pas de n’importe qui. Il en va de même pour la photographie. En effet depuis Pi, le directeur photo de Darren est Matthew Libatique qui a travaillé sur Iron Man, Iron Man 2, mais surtout sur Le nombre 23, un film à l’ambiance très particulière qui nécessitait un vrai travail d’éclairage, d’étalonnage et de cadrage. Bref, sur Requiem for a dream, Mansell, Libatique et Aronofsky arrivent à maturité et ça fait mal, très, très, très mal…

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