Dans quelques jours sort un film que j’attends depuis près de deux ans.
C’est bien simple, pour moi c’est tout simplement le film de l’année. Un péplum
biblique pour lequel la Paramount a déboursé 125 millions de dollars. Là
normalement, si vous ne vivez pas dans une grotte vous devez voir de quel film
je parle. Pour les autres il s’agit de Noé de Darren Aronofsky. Tout
simplement mon réalisateur préféré. Pour ceux qui ne voient pas qui c’est, je vous
donne quatre mots pour trouver : Requiem, For, A, Dream. Là en principe
c’est bon, tout le monde situe. Petit focus sur le parcours d’un réalisateur
dont le succès n’a d’égal que le talent.
Après le franc succès de Pi, Aronofsky se lance sur son
deuxième projet. Le grand, l’immense Requiem for a dream. Selon moi, il
s’agit tout simplement de l’un des tout meilleurs films de l’histoire du
cinéma. La mise en scène est exceptionnelle, le montage est très clipé, l’image
très travaillée et que dire de la musique, si ce n’est que c’est l’une des
bandes originales les plus connues du cinéma moderne. Je pourrais consacrer des
pages et des pages à ce film. Un film qui a fondamentalement changé ma vision
du cinéma et même de l’art en général. On notera donc que ce film a révélé au
grand public, non seulement le talent de Darren mais aussi celui de son
compositeur et ami Clint Mansell. On retrouve d’ailleurs ce dernier sur tous
les films d’Aronofsky. Notons également que sur les cinq prix qu’a pour
l’instant remportés Mansell, quatre l’ont été sur des films de Darren Aronofsky.
Une fusion artistique qui atteint la quasi perfection sur Requiem for a dream et
sur The
Fountain. Requiem for a dream est un film d’une telle intensité et d’un
tel réalisme qu’il est aujourd’hui visionné en faculté de psychologie pour
étudier les comportements de toxicomanes. Il est également projeté dans les
écoles afin de sensibiliser les jeunes aux problématiques sociales de la
drogue. Le film est un succès planétaire et totalise plus de 3,6 millions
d’entrées. Et le succès critiques est encore une fois au rendez-vous.
Récompenses et nominations pleuvent notamment pour Elen Burstyn et son
interprétation de Sarah Goldfarb. Et ça n’a rien d’étonnant. Elen Burstyn ce n’est
pas n’importe qui. Avant Requiem for a dream en 2000, on
avait déjà pu la voir dans de nombreux film et notamment dans le très célèbre L’exorciste
de William Friedkin en 1973. Sur Requiem, la belle Jennifer Connelly
- qu’on retrouve sur Noé – interprète la belle Marianne,
petite amis d’Harry lui-même le fils de Sarah. Quant au héros, Harry Goldfarb,
il est campé pas Jared Leto qui n’est pas n’importe qui lui non plus puisqu’à
l’époque il a déjà travaillé avec David Fincher sur Fight Club ou encore Terrence
Malick dans La ligne rouge. Il ne me reste juste qu’un quatrième personnage
à vous présenter et le tableau sera pratiquement complet. Il s’agit de Tyrone,
le pote d’Harry, grand black plutôt cool, c’est probablement le personnage qui
s’en sort le mi… euh, le moins mal. Parce que, pour ceux qui n’ont pas vu le
film (j’espère que tu l’as vu, si ce n’est pas le cas, il faut remédier à ça au
plus vite !) Requiem for a dream dépeint la lente et douloureuse descente
aux enfers de ces quatre personnages : Harry, sa mère Sarah, son pote
Tyrone et sa petite amie Marianne. Un enfer qui atteint son paroxysme au cours
des 10 dernières minutes. Une monstruosité ! Aronofsky passe d’un
personnage à l’autre très rapidement. Il nous assène des images de plus en plus
dures en montage alterné.
Une mise en
scène qui finit par donner des hauts le cœur et qui se clôt sur un terrible
sentiment de malaise pour le spectateur. Ce sont 10 minutes de pur cinéma. Lors
de mon premier visionnage du film, je ne pouvais même pas imaginer qu’une œuvre
d’art puisse me faire ressentir une telle chose. J’ai eu 20 bonnes minutes de
nausées. Depuis ce jour là je vois la création artistique d’une façon nouvelle.
L’ambiance du film est extraordinaire, la musique se marie parfaitement avec
l’image. L’image, je ne m’y suis pas vraiment arrêté d’ailleurs. Comme on l’a
vu avec les acteurs, Aronofsky ne s’entoure pas de n’importe qui. Il en va de
même pour la photographie. En effet depuis Pi, le directeur photo de Darren est
Matthew Libatique qui a travaillé sur Iron Man, Iron Man 2, mais surtout
sur Le
nombre 23, un film à l’ambiance très particulière qui nécessitait un
vrai travail d’éclairage, d’étalonnage et de cadrage. Bref, sur Requiem
for a dream, Mansell, Libatique et Aronofsky arrivent à maturité et ça
fait mal, très, très, très mal…

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