Quel ne fut
pas mon étonnement quand j'ai vu la foule massée devant la salle 12 du Pathé
Vaise. Une salle archicomble pour un film d'horreur, étonnant ! Certes nous
somme en première semaine d'exploitation mais c'est tout de même la première
fois que je vois une salle aussi pleine pour un film de genre. Même le premier Paranormal
Activity n'avait pas rassemblé autant de monde. Ceci dit, l'énorme
campagne de communication mise en œuvre par la Warner explique sans doute cet
étrange phénomène. Enfin bref, la salle s'ouvre enfin je m'installe, les lumières
s'éteignent et c'est parti.
Petit rappel du contexte: Annabelle de John R. Leonetti est un spin-off de Conjuring
de James Wan sortie l'an dernier. James Wan a qui on doit entre autres Insidious
et le premier volet de la saga Saw. Donc voilà, James Wan c'est du
lourd et du coup je m'attendais à ce qu'Annabelle ça le soit aussi et je
n'ai pas été déçu. On retrouve tout ce qui avait fait la qualité de Conjuring,
l'éclairage, l'ambiance oppressante, la musique grinçante, et l'entité
démoniaque qu'on aperçoit furtivement lorsqu'elle sort de l'ombre. Alors
globalement le film est propre, c'est soigné, c'est efficace et bien rythmé
mais sans en faire trop ce qui est très important parce que quand on veut trop
en faire dans le cinéma d'horreur on finit vite par faire du Scary Movie, ce qui
n'est pas le but recherché au départ. Mais ici ça va, la musique soutient
parfaitement les moments de tension, les images sont belles, les jumps scare
sont bons et surtout utilisés à bon escient, certaines scènes vous laissent
même littéralement collé au siège. Un bon moment donc, 1h38 de frissons, il
fallait tout de même souligner ce bon point.
Oui mais voilà
(parce qu'il faut toujours qu'il y ait un "oui mais" dans une
critique), à force de faire exactement ce qu'on attend de lui, Leonetti cesse
de nous surprendre. Annabelle est un bon film d'horreur, aucun souci là-dessus mais
pour l'innovation et l'originalité il faudra repasser. Le film tombe assez vite
dans la facilité en reprenant la trame universelle du film d'horreur:
1. Grosse catastrophe traumatisante (le meurtre des
voisins)
2. Retour au calme et premières manifestations étranges
3. Ah là ça devient carrément flippant et personne
veut me croire
4. Ok pas grave je vais aller faire mes propres
recherches
5. Ah ok c'est donc un truc super méchant qui me
veut vraiment du mal
6. Ca y est les gens me croient mais c'est trop
tard tout part en c***
7. Ouf finalement on s'en sort plutôt pas mal même
s'il y a eu deux ou trois morts
Pièce à
conviction suivante, l'accumulation d'éléments clichés du cinéma d'horreur
comme les prêtres, les poupées, les démons, les sectes, les sataniques en
chemise de nuit, les dessins au sang sur les murs et j'en passe. En fait ce
film c'est un peu comme un mec qui fait trop de zèle, au début on le trouve
cool puis au bout d'un moment ça devient un peu chiant.
Alors vous
allez me dire que je suis dur, que de toute façon il n'y a pas des milliers de
manières de faire de l'épouvante et qu'on tourne toujours autour des mêmes
thèmes et des mêmes ressorts narratifs. Alors oui, je suis d'accord, et j'y ai
pensé quand j'ai écrit tout ce qui était au dessus. Le problème c'est que
l'ombre de James Wan plane sur le film, par moment j'ai cru voir du Insidious
ou du Cojuring et c'est encore plus frappant quand on sait que James
Wan est producteur sur Annabelle. Mais malheureusement
comme à chaque fois que Wan invente un univers avant de le laisser à quelqu'un
d'autre pour une suite, un préquel ou un spin-off, le premier est toujours le
meilleur, mais les films suivants sont rarement très mauvais. Je m'explique,
personne ne fera jamais du James Wan comme James Wan, par contre imiter James
Wan c'est facile et ça donne un film tout à fait potable (c'est ce qui se passe
pour une grande partie de la saga Saw). Car quand on y regarde de plus
près, Wan a réalisé trois des meilleurs films d'épouvante de ces 10 dernières
années: Saw, Insidious et Conjuring. C'est mon avis
mais aussi celui d'Allociné, ce qui lui donne tout de suite beaucoup plus de
crédibilité. Sur ces trois films aucune moyenne ne tombe en dessous de 3/5 que ce soit côté spectateurs ou critiques. Donc voilà, James Wan est très bon et un
cinéaste qui s'en inspire a de grande chance de faire un film d'horreur potable.
Quand je dis potable c'est parfois tout juste potable mais bon, il y a
tellement de daube dans le cinéma de genre qu'un film potable c'est déjà ça.
Au final ce
que je reproche à Leonetti sur Annabelle c'est d'avoir choisi la
facilité en reprenant les recettes qui avaient marché dans Conjuring. Mais
finalement si le film est bon, et vu les hurlements dans la salle il l'était,
de quoi je me plains moi.

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