dimanche 19 octobre 2014

Gone Girl : Super Fincher est de retour

Un Fincher qui sort c'est toujours un événement pour moi. Parce qu'il faut bien le dire, après bientôt 30 ans de carrière et une dizaine de longs métrages, les déceptions ont été rares. Et ce n'est pas avec Gone Girl que les choses vont changer. Parce que c'est pour ce genre de film que j'aime le cinéma. En réalité le moment que je préfère c'est la sortie de la salle. Je sors de ma torpeur et je commence à réfléchir en marchant. C'est à ce moment là que je me rends réellement compte de la qualité de l'œuvre (œuvre est parfois un bien grand mot) que je viens de voir. Et un grand film, c'est un film qui ne vous laisse pas sortir de la salle comme vous y êtes entré. Un grand film ça marque, ça choque, ça émeut, ça fait réfléchir… Et c'est bien pour ce genre de film que j'aime le cinéma. Et là avec Gone Girl, Fincher nous offre encore une fois un film démontrant son talent.

                Mais par où commencer ? Eh bien par le début, c'est ce qui me parait le plus logique. Comme à son habitude, le réalisateur américain donne le ton dès le générique. J'invite tous ceux qui ne voient pas de quoi je parle à revoir le générique de Fight Club, ou à voir le film en entier si, par un incommensurable malheur ce n'est déjà fait. Retour à Gone Gril, alors que les noms des acteurs et des principaux membres de l'équipe technique défilent, je suis déjà subjugué par la beauté de l'image. La lumière est juste exceptionnelle, comme toujours. Je dis comme toujours parce que c'est grâce à Fincher que j'ai compris à quoi ça servait d'éclairer un film et le rôle majeur que ça pouvait avoir sur ce que ressent le spectateur. C'était devant Seven, je m'en souviens comme si c'était hier. L'éclairage c'est super important parce que ça donne un "ton" à l'image. Comme une chanson en majeur paraîtra plus joyeuse qu'une chanson écrite en mineur (je schématise, je ne suis plus trop calé solfège), un film peut paraître oppressant, onirique, triste… et ce juste grâce au cadre et à la lumière. Et il y a justement un mec qui est chargé de superviser ça, le directeur de la photographie. C'est lui qui est chargé de transformer des gens qui bougent et qui parlent devant une caméra en une image qui retranscrit la vision du réalisateur. Fin de la parenthèse technique. Je disais donc, dès le générique de Gone Girl, on sent la maîtrise d'un grand réalisateur. Précisons d'ailleurs que c'est  Jeff Cronenweth qui assure la direction de la photo sur Gone Girl, tout comme sur Millenium, The Social Network ou encore Fight Club.
                L'écriture est aussi d'une grande qualité, mais c'est à un auteur ou plutôt à une auteur qu'on le doit, Gillian Flynn qui a transposé son propre best-seller en scénario. Et elle l'a fait avec brio. L'histoire bien que non linéaire est limpide et la lecture du journal intime d'Amy apporte tour à tour éclairages puis doutes sur les événements.

ATTENTION SPOILER

Et quand je parle de doutes et d'éclairages, je veux bien sûr parler de l'image qu'on se fait du mariage de Nick et Amy cette dernière passant de femme épanouie, à victime de violence puis à garce manipulatrice sans cœur jusqu'à nous apparaitre comme totalement folle à lier. J'aurais d'ailleurs renommé le film : "Pourquoi ne jamais se marier avec une femme plus intelligente que soi." Je fus relativement étonné de découvrir, en préparant cette critique, que le scénario avait été écrit par une femme. Parce que globalement dans ce film les rôles féminin sont plutôt négatifs. Amy est l'odieuse garce que l'on sait, la maitresse de Nick ne semble pas avoir beaucoup de scrupules à coucher avec un homme marié (et son credo c'est même "Gicle-moi dessus" si on en croit Amy). Même l'officier Boney qui est l'agent chargée de l'enquête bien que relativement intègre est incompétente. Il n'y a bien que Margo, la jumelle de Nick pour rattraper la condition féminine dans tout ça. D'un autre côté nous avons aussi les sombres idiots, comme l'assistant flic (enfin il seconde Boney quoi) ou l'amour de lycée d'Amy, qui ne peuvent imaginer une femme qu'en victime sans se douter une seconde qu'elle puisse être garce et manipulatrice. Enfin bref, Gone Girl n'est pas sympa à l'encontre des hommes, des femmes mais surtout des relations qu'ils entretiennent.

FIN DU SPOILER

Avant de conclure je voudrais vous parler un peu du casting. Ben Affleck, un acteur et un réalisateur dont j'aime beaucoup le travail, a choisi de repousser la réalisation d'un nouveau film pour tourner avec Fincher. Un réalisateur qui repousse son propre projet pour se mettre au service de celui d'un autre en temps qu'acteur, c'est quand même pas rien (même si Ben Affleck est au moins autant acteur que réalisateur). Le problème fut, semble-t-il, beaucoup plus épineux en ce qui concerne le rôle d'Amy Dunne. En effet, de nombreuses actrices ont été évoquées dont Nathalie Portman, Charlize Theron (qui aurait été vraiment super dans ce rôle selon moi) ou encore Olivia Wilde. Mais finalement Rosamund Pike s'est montré tout à fait à la hauteur du rôle clé du film.


Finalement, Gone Girl c'était trop cool ! Beau visuellement, parlant sur le plan émotionnel, et même drôle parfois grâce à quelques bonnes répliques et touches d'ironie très bien placées. Bref un très bon film. Et le public ne s'y est pas trompé puisque dès sa première semaine d'exploitation, le film avait déjà réalisé plus de 500 000 entrées ce qui le plaçait alors en tête du box-office français.

1 commentaire:

  1. Salut French Watcher ... au fait c'est pour bientôt ton changement de nom ?
    J'ai vu Gone girl et je suis globalement de ton avis, mais je suis quand même resté un peu sur ma fin... avec le scénario.
    Quand tout bascule et que Amy décide de revenir chez son mari (dans les conditions atroces que l'on sait), elle ne maîtrise plus la situation et on ne comprend pas pourquoi elle n'est pas découverte... On ne se pose plus la question du sang dans la cuisine .. Son sang ? et pourquoi ? les vidéos de la maison de son ex, qu'a-t-elle fait les 3 premiers jours de sa disparition ? etc etc …
    Bref comme tu le dis si bien l'agent Booney est nulle de chez nulle.
    J’ai quand même aimé ce film … et Nathalie PORTMAN dans ce rôle j’aurais bien aimé.

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