jeudi 23 octobre 2014

Le Labyrinthe : A peine divertissant...

Aujourd’hui on parle film à succès, film à gros budget, film à minettes de 15 ans… Enfin bref, aujourd’hui, Le Labyrinthe

J’ai pu entendre pas mal de choses à propos de ce film depuis quelques semaines. Un peu de tout, même si dans leur globalité, les avis étaient plutôt positifs. J’ai donc voulu me faire mon propre avis. Cette mode de l’adaptation de best-seller de la littérature adolescente donnera-t-elle naissance à de bons films ? Parce que jusqu’ici, force est de constater que niveau cinéma c’est très moyen tout ça. Rappelez-vous, tout a commencé il y a près de 15 ans, en 2001 exactement avec Harry Potter à l’école des sorciers, adaptation du premier tome de la saga de J.K. Rowling. Harry Potter c’était du jamais vu. Pour la première fois, un ouvrage destiné à la jeunesse rencontrait un immense succès commercial et critique. Résultat : aujourd’hui tout le monde connaît Harry Potter et les studios Hollywoodiens ont compris que la jeunesse était un marché très porteur, d’autant plus lorsqu’on adapte des histoires ayant déjà fait leurs preuves. Du coup en mettant 34 millions de dollars entre les mains de l’inexpérimenté  Wes Ball dont c’est le premier long-métrage, la Fox s’est dit qu’elle faisait une bonne opération. Et l’importante fanbase qui se pressera dans les salles pour voir ce qu’Hollywood a fait de ses héros lui donnera très probablement raison. Mais alors, peut-être que le cinéma ne se résume qu’à du marketing. Un film est un produit qui répond à une demande des consommateurs. Mais perso, je n’aime pas trop l’idée de « consommer du cinéma. » Un film n’est pas censé être un produit issu d’une stratégie marketing ! Dans mon idéal naïf de l’art, un film est une œuvre censée faire passer un message, une émotion, transmettre le fruit de la réflexion d’un réalisateur. Mais dans le cas qui nous intéresse, c’est pas trop l’ambiance…
Nous voici donc enfermés pendant près de deux heures dans « Le Bloc », sorte de prison à ciel ouvert ou des dizaines d’adolescents mâles sont laissés à l’abandon depuis 3 ans. Car autour du bloc se trouve un immense labyrinthe peuplé de monstres mangeurs d’hommes. Il est d’autant plus difficile à franchir que sa configuration change chaque nuit. Les jeunes habitants du bloc se sont baptisés les « blocards » et chaque mois, un énorme ascenseur qu’ils ont nommé « la boîte » (bah ouais parce que ascenseur c’est trop nul comme nom !) leur livre des vivres et un nouveau blocard tout neuf. Et cette fois c’est Thomas (Dylan O’Brien). Comme tous les autres il ne se rappelle d’absolument rien, mis à part son nom. Il commence alors à évoluer dans son nouvel environnement et tente de trouver un moyen de s’évader…
Le film s’inspire clairement de Cube. Nous sommes dans un labyrinthe qui bouge en permanence et dont il est, semble-t-il, impossible de s’enfuir. Les personnages progressent, essayant d’éviter les pièges mais ils se retrouvent inexorablement de moins en moins nombreux. Les phases d’enquête et d’action se succèdent sans réelle surprise mais avec style. C’est vrai que les monstres et les scènes d’action ont de la gueule, quant aux décors, primordiaux pour l’histoire, ils sont vraiment réussis.
Mais il y a plein de trucs qui ne vont pas dans ce film ! D’abord les personnages sont de véritables clichés ambulants. Il y a le héros, son fidèle bras droit fort, loyal et courageux, le chef sage que tout le monde écoute et respecte, le petit gros qui sert de faire-valoir au héros, l’idiot qui se sent menacé par le héros et qui va tenter par tous les moyens de lui mettre des bâtons dans les roues et enfin la super jolie fille. C’est lourd et ultra prévisible la plupart du temps, mais de temps à autre les réactions des personnages nous surprennent par leur bêtise. L’idiot propose par exemple d’envoyer le héros au mitard pendant une semaine sans eau ni nourriture pour avoir sauvé la vie de deux de ses camarades pris au piège dans le labyrinthe. Tout est super appuyé, l’idiot est extrêmement idiot, le héros est extrêmement héroïque et ainsi de suite.
Les scénaristes ont aussi pris quelques libertés avec les lois de la physique. L’idiot qui était resté bouder dans le bloc pendant l’évasion se retrouve comme par magie aux côtés des fuyards à l’extérieur. Si c’était si facile pourquoi avoir attendu trois piges pour se téléporter dehors ?! C’est hallucinant de débilité, une sorte d’énorme bras d’honneur du film à l’attention de son public. Je me demande même si cette scène n’est pas là juste pour faire mourir Chuck (le petit gros) et pour qu’on ait droit à cette autre scène encore jamais vue au cinéma : le pote du héros est mourant et dit à ce dernier de continuer sans lui. Avant de mourir, il lui demande aussi de transmettre un dernier message à un de ses proches. C’était le moment émotion merci d’être venu Messieurs-Dames. Et après réflexion à propos de cette mystérieuse téléportation, c’est vrai que c’est un peu bizarre quand même. Pas la téléportation en elle-même, mais le fait que les mecs tournent en rond depuis 3 ans dans leur bloc, Thomas arrive et en trois jours ils sont dehors. Je sais pas ce qui s’est passé pendant trois ans mais il y avait surement un truc à optimiser dans votre façon de fonctionner les gars.
Et au terme d’un final totalement abracadabrantesque, on découvre les motivations sans queue ni tête des geôliers.

ATTENTION SPOILER

Alors en gros il y a eu une sorte d’éruption solaire qui a cramé la Terre puis un virus attaquant le cerveau s’est propagé, enfin c’était la merde quoi. Mais une nouvelle génération d’humain s’est révélée être immunisée contre le virus. Il fut donc décidé de tous les enfermer au cœur d’un immense labyrinthe, une décision pleine de bon sens et de logique… Alors apparemment c’est un test. Mais un test de quoi bande de crétins, ces mecs sont probablement la seul chance qu’il vous reste pour sauver l’humanité, un peu comme s’ils étaient des seringues de vaccin humaines. Alors pourquoi leur faire passer un test au cours duquel ils ont de grande chance de mourir ?! Pourquoi leur faire passer un test tout court ?! Ils sont immunisés, ils vont servir à élaborer un vaccin, mais à quoi ça sert de leur faire passer plein d’épreuves ?! Ils ne seront pas plus immunisés après ! Et en plus ce n’est que la phase 1 de ce plan complètement débile ! La phase 2 doit vraiment valoir le détour. En plus entre temps on découvre que la chef des méchants a mis en scène son suicide pour nos petits fuyards. Pourquoi t’avais besoin de faire croire que t’es morte ?! Quel objectif tu poursuis avec ça ?! Ils s’en foutent, ils savent pas qui t’es et ils n’ont aucun souvenir autres que le bloc, c’est quoi ton problème ?!

FIN DE ZONE SPOILER


Le film se conclut sur un énorme appel au spectateur. Une référence à la phase deux du plan qui résonne comme un « Venez voir la phase deux dans les salles à l’automne 2015 ! » La boucle est bouclée, aucune ambition artistique mais une stratégie commerciale bien rodée. Le concept était prometteur, mais Le Labyrinthe peine à convaincre. Par moment l’histoire semble devenir un simple prétexte pour montrer des monstres en images de synthèse et des décors monumentaux. Un film à peine divertissant.

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