dimanche 5 octobre 2014

Les aventures de Winter le dauphin 2 : Les Bisounours, ça flotte !

Sortie de salle après L'incroyable histoire de Winter le dauphin 2 de Charles Martin Smith. Alors pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'histoire vraie de Sawyer, un jeune garçon passionné par les dauphins et en particulier par son amie Winter. Winter est une femelle dauphin recueillie par le Clearwater Marine Aquarium, une sorte d'hôpital pour animaux marins qui fait également aquarium. Bref, Winter et Sawyer sont les meilleurs amis du monde jusqu'au jour où Panama, la mère de substitution de Winter, meurt. Cette dernière se retrouve alors seule dans son bassin et se cache toute la journée au fond de l'eau sans même vouloir manger. La réglementation américaine veut qu'on ne puisse pas garder un dauphin seul en captivité. Winter sera donc transférée si l'équipe de l'aquarium ne lui trouve pas une nouvelle compagne. Ah oui, je ne vous l'ai pas encore dit mais à la fin du premier opus Winter est une superstar aux Etats-Unis. Parce que bon, des dauphins dans des aquariums il y en a plein, mais des dauphins amputés de la queue qui nagent avec une prothèse il y en a beaucoup moins. Winter est donc devenue une source d'inspiration pour tout un tas de gens.
Mon avis sur le film ? C'est trop ! Trop de bonnes intentions, trop de gentillesse. L'incroyable histoire de Winter le Dauphin 2 ce sont les Bisounours barbotant dans un bassin en Floride. Certes c'est un film familial à partir de 6 ans mais tout de même. Le roi lion est destiné à un public similaire et pourtant il développe de vrais enjeux avec de vrais méchants. Chez Winter le plus gros opposant à Sawyer et toute sa bande c'est un inspecteur des parcs animaliers. Winter et Sawyer sont tellement super trop sympas que même les opposants veulent les aider. Les personnages sont tellement tous trop gentil qu'on en vient à douter de la véracité de l'histoire. Et pourtant il s'agit bel et bien d'une histoire vraie ! Si tous les habitants sont comme les personnages du film je n'aimerais vraiment pas habiter à Clearwater, Floride. Selon moi ce n'est pas rendre service aux enfants que de leur proposer une version à ce point factice de la réalité. Ca ne colle pas ! Prenons le scénario, on va se faire une rapide révision de nos cours de collège sur le schéma narratif. Une histoire quelle qu'elle soit se compose comme suit : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale. Jusque là tout va bien. Les personnages sont répartis dans trois catégories : les personnages principaux (ici Sawyer et Winter) les adjuvants et les opposants. Et c'est précisément ici que se situ le problème dans ce film, les opposants ne sont pas crédibles ! Il semble évident que ça vient du fait que le film soit destiné aux enfants. Mais alors c'est encore pire ! Ce n'est pas juste un film sans intérêt, c'est un film sans intérêt qui tente de cacher aux enfants les aspects négatifs du monde où nous vivons. Je ne dis pas qu'il faudrait que Sawyer meurt noyé et que Winter se suicide, c'est pas comme ça que ça s'est vraiment passé en plus, mais au moins qu'on sente qu'il y a une galère quelque part !
Bref, au final je me suis bien ennuyé contrairement au petit garçon devant moi qui sautait de siège en siège. Jusqu'ici c'est plutôt une critique à charge, alors je vais tenter de nuancer un peu. L'inspiration qu'apporte Winter aux handicapés rend bien à l'écran, ça sonne juste, ça fait vrai. On a droit à quelques jolis plans en caméra sous-marine, mais bon c'est un minimum pour un film sur les dauphins et pour finir, le générique de fin. Non pas parce qu'il marque la fin de 107 minutes relativement longues mais parce qu'il est entrecoupé d'images d'archive du Clearwater Marine Aquarium. Et c'est là que je me suis vraiment rendu compte qu'en fait ce n'était pas du tout l'histoire qui était en cause, mais bien la manière de la raconter. Parce que dans ces quelques plans, il y avait plus d'émotion que dans tout le reste du film. La matière était donc là, il y avait probablement de quoi faire un bon film, mais Charles Martin Smith a manqué son coup.

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