mardi 21 octobre 2014

Horns ou Harry Potter avec des cornes

Salut tout le monde ! Comme vous avez pu le remarquer le calendrier cinéma est assez chargé en ce moment. On a eu un Noé puis Sin City : J’ai tué pour elle puis un Fincher (Gone Girl), un Aja (Horns), d’ici deux semaines Interstellar de Christopher Nolan sans parler du phénomène Xavier Dolan avec Mommy. Donc si vous ne savez pas quoi faire un soir, allez au ciné, vous n’avez que l’embarras du choix. Aujourd’hui, gros plan sur Horns d’Alexandre Aja.

Cocorico notre Alexandre Aja national sort un nouveau film. Un événement puisque la dernière production de l’un des réalisateurs français les plus cotés d’Hollywood c’était Piranha 3D sorti en 2010. 4 ans sans film donc mais Aja revient en 2014 avec Horns, une adaptation du roman éponyme de Joe Hill qui, accrochez-vous bien, n’est autre que le fils de Monsieur Stephen King. Même si on n’est pas certain que le talent soit héréditaire, écrire fils de Stephen King sur son CV ça a quand même de la gueule. Mais venons-en au fait. Alors en gros, Horns c’est l’histoire d’un mec dont la copine est assassinée dans la forêt. Mais tout le monde les a vus se disputer le soir même au vieux resto moisi du coin. De fait Daniel Radcliffe alias Ignatius Perrish, Ig ou Iggy pour les intimes et Harry Potter pour tout le reste de la planète, je m’égare là… Enfin bref Iggy est accusé du meurtre de sa très jolie copine incarnée par Juno Temple. Au passage c’est une actrice que j’adore pour son rôle d’Anna adolescente dans l’excellentissime Mr Nobody de Jaco Van Dormael, à voir absolument. Tout le monde le renie, la presse le harcèle, passez-moi l’expression mais c’est la merde ! Mais une nuit qu’il était complètement bourré et qu’il s’envoyait son amie d’enfance, des cornes lui poussent sur le front. A sa grande surprise ça ne semble choquer personne à part lui, par contre les gens commencent à être bizarrement francs et directs avec notre héros. Sa mère lui dit qu’elle voudrait qu’il soit mort et son père qu’ils n’ont jamais rien eu en commun, une bonne journée dans l’ensemble. Armé de ces cornes, Iggy décide donc de découvrir la vérité sur le meurtre de sa femme.
                Alors ce film a quelque chose de génial, cette petite touche de folie propre aux films d’Alexandre Aja. Quand je dis petite touche de folie c’est un euphémisme pour dire complètement barré. Vous savez, ce genre de film devant lequel on se dit « Mais… mais WTF !! » Parce qu’un monde où tout le monde serait super sincère c’est vraiment très étrange et très drôle à voir de l’extérieur, et ça donne quelques scènes complètement dingues. En cela Horns m’a rappelé Piranha 3D. L’ennui c’est qu’ici au lieu d’un film d’horreur rempli de bimbos c’est un drame fantastique qui se joue. Aussi ce double ton est-il parfois un peu dérangeant. Au-delà de ça le film est vraiment bon. Aja a déclaré en interview : « Je voulais que l'on retrouve […] cette dualité présente dans l'univers visuel, ce sentiment de réalisme âpre avec un côté un peu magique. » C’est exactement ce que donne le résultat final, un mélange assez perturbant entre une vision bien crade de l’Amérique profonde un peu comme dans The Wrestler (Darren Aronofsky) ou The place Beyond the Pines (Derek Cianfrance), et un univers onirique et verdoyant qui n’est pas sans rappeler des films comme Le Labyrinthe de Pan (Guillermo del Toro) ou Le Secret de Terabithia. Un contraste super intéressant qui figure assez bien le fossé entre l’ancienne et la nouvelle vie d’Ig Perrish. Deux univers visuels, deux tons et deux vies totalement différents, l’ensemble tient vraiment bien la route et on voit tout à fait où Aja veut en venir avec ce film. Alors évidemment, ça n’a pas la puissance d’un Fincher ou d’un Aronofsky mais avec Horns Aja revient à son meilleur niveau avec un univers vraiment à part comme à l’époque de Haute Tension. Globalement on peut dire que la réalisation est largement au niveau de mes attentes.
                L’histoire est elle aussi géniale car à faire révéler aux gens ce qu’ils s’efforcent de cacher depuis des années, on en apprend beaucoup sur la nature humaine. L’envie, la jalousie, les mensonges, la vengeance et surtout la part d’ombre que l’on cache tous en nous. Le final est poignant ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose car à mon sens, c’est ce contraste entre un film complètement barré et un drame ultra prenant qui pose problème. En sortant de la salle, je ne savais pas trop quoi penser du film. J’ai pris beaucoup de plaisir à le voir mais après, une fois que j’ai eu une vue d’ensemble, difficile de me faire un vrai avis tant j’avais l’impression d’avoir vu deux très bons films qui n’avaient rien en commun à part leur histoire, ce qui fut assez déroutant.
                Pour ce qui est du reste, la bande son est super cool avec de grands classiques comme David Bowie ou The Pixies, quant au casting, il l’est tout autant car outre Daniel Radcliffe et Juno Temple dont j’ai déjà parlé, on y retrouve Max Minghella (The Social Networt) ou encore James Remar (Dexter).


Voilà, je crois qu’on a fait le tour de la question. Pour résumer, Horns est un bon film. Un film qui mérite d’être vu mais qui en déroutera plus d’un tant il mélange deux genres que tout oppose. Un film poignant et drôle en même temps, mais qui donne une vision assez péjorative de l’être humain et de sa propension à faire le bien ou le mal. Attention tout de même, le film est interdit aux moins de 12 ans et compte quelques scènes assez gores.

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