Un Fincher
qui sort c'est toujours un événement pour moi. Parce qu'il faut bien le dire,
après bientôt 30 ans de carrière et une dizaine de longs métrages, les déceptions
ont été rares. Et ce n'est pas avec Gone Girl que les choses vont
changer. Parce que c'est pour ce genre de film que j'aime le cinéma. En réalité
le moment que je préfère c'est la sortie de la salle. Je sors de ma torpeur et
je commence à réfléchir en marchant. C'est à ce moment là que je me rends
réellement compte de la qualité de l'œuvre (œuvre est parfois un bien grand
mot) que je viens de voir. Et un grand film, c'est un film qui ne vous laisse
pas sortir de la salle comme vous y êtes entré. Un grand film ça marque, ça choque,
ça émeut, ça fait réfléchir… Et c'est bien pour ce genre de film que j'aime le
cinéma. Et là avec Gone Girl, Fincher nous offre encore une fois un film
démontrant son talent.
Mais par où commencer ? Eh bien par le début, c'est
ce qui me parait le plus logique. Comme à son habitude, le réalisateur
américain donne le ton dès le générique. J'invite tous ceux qui ne voient pas
de quoi je parle à revoir le générique de Fight Club, ou à voir le film en
entier si, par un incommensurable malheur ce n'est déjà fait. Retour à Gone
Gril, alors que les noms des acteurs et des principaux membres de
l'équipe technique défilent, je suis déjà subjugué par la beauté de l'image. La
lumière est juste exceptionnelle, comme toujours. Je dis comme toujours parce
que c'est grâce à Fincher que j'ai compris à quoi ça servait d'éclairer un film
et le rôle majeur que ça pouvait avoir sur ce que ressent le spectateur. C'était
devant Seven, je m'en souviens comme si c'était hier. L'éclairage
c'est super important parce que ça donne un "ton" à l'image. Comme
une chanson en majeur paraîtra plus joyeuse qu'une chanson écrite en mineur (je
schématise, je ne suis plus trop calé solfège), un film peut paraître
oppressant, onirique, triste… et ce juste grâce au cadre et à la lumière. Et il
y a justement un mec qui est chargé de superviser ça, le directeur de la
photographie. C'est lui qui est chargé de transformer des gens qui bougent et
qui parlent devant une caméra en une image qui retranscrit la vision du
réalisateur. Fin de la parenthèse technique. Je disais donc, dès le générique
de Gone
Girl, on sent la maîtrise d'un grand réalisateur. Précisons d'ailleurs
que c'est Jeff Cronenweth qui assure la
direction de la photo sur Gone Girl, tout comme sur Millenium,
The
Social Network ou encore Fight Club.
L'écriture est aussi d'une grande qualité, mais c'est
à un auteur ou plutôt à une auteur qu'on le doit, Gillian Flynn qui a transposé
son propre best-seller en scénario. Et elle l'a fait avec brio. L'histoire bien
que non linéaire est limpide et la lecture du journal intime d'Amy apporte tour
à tour éclairages puis doutes sur les événements.
ATTENTION SPOILER
Et quand je parle de
doutes et d'éclairages, je veux bien sûr parler de l'image qu'on se fait du
mariage de Nick et Amy cette dernière passant de femme épanouie, à victime de
violence puis à garce manipulatrice sans cœur jusqu'à nous apparaitre comme
totalement folle à lier. J'aurais d'ailleurs renommé le film : "Pourquoi
ne jamais se marier avec une femme plus intelligente que soi." Je fus
relativement étonné de découvrir, en préparant cette critique, que le scénario avait
été écrit par une femme. Parce que globalement dans ce film les rôles féminin
sont plutôt négatifs. Amy est l'odieuse garce que l'on sait, la maitresse de
Nick ne semble pas avoir beaucoup de scrupules à coucher avec un homme marié
(et son credo c'est même "Gicle-moi dessus" si on en croit Amy). Même
l'officier Boney qui est l'agent chargée de l'enquête bien que relativement
intègre est incompétente. Il n'y a bien que Margo, la jumelle de Nick pour
rattraper la condition féminine dans tout ça. D'un autre côté nous avons aussi
les sombres idiots, comme l'assistant flic (enfin il seconde Boney quoi) ou
l'amour de lycée d'Amy, qui ne peuvent imaginer une femme qu'en victime sans se
douter une seconde qu'elle puisse être garce et manipulatrice. Enfin bref, Gone
Girl n'est pas sympa à l'encontre des hommes, des femmes mais surtout
des relations qu'ils entretiennent.
FIN DU SPOILER
Avant de conclure je
voudrais vous parler un peu du casting. Ben Affleck, un acteur et un
réalisateur dont j'aime beaucoup le travail, a choisi de repousser la
réalisation d'un nouveau film pour tourner avec Fincher. Un réalisateur qui
repousse son propre projet pour se mettre au service de celui d'un autre en
temps qu'acteur, c'est quand même pas rien (même si Ben Affleck est au moins
autant acteur que réalisateur). Le problème fut, semble-t-il, beaucoup plus
épineux en ce qui concerne le rôle d'Amy Dunne. En effet, de nombreuses
actrices ont été évoquées dont Nathalie Portman, Charlize Theron (qui aurait
été vraiment super dans ce rôle selon moi) ou encore Olivia Wilde. Mais
finalement Rosamund Pike s'est montré tout à fait à la hauteur du rôle clé du
film.
Finalement, Gone Girl
c'était trop cool ! Beau visuellement, parlant sur le plan émotionnel, et même drôle
parfois grâce à quelques bonnes répliques et touches d'ironie très bien placées.
Bref un très bon film. Et le public ne s'y est pas trompé puisque dès sa
première semaine d'exploitation, le film avait déjà réalisé plus de 500 000
entrées ce qui le plaçait alors en tête du box-office français.

Salut French Watcher ... au fait c'est pour bientôt ton changement de nom ?
RépondreSupprimerJ'ai vu Gone girl et je suis globalement de ton avis, mais je suis quand même resté un peu sur ma fin... avec le scénario.
Quand tout bascule et que Amy décide de revenir chez son mari (dans les conditions atroces que l'on sait), elle ne maîtrise plus la situation et on ne comprend pas pourquoi elle n'est pas découverte... On ne se pose plus la question du sang dans la cuisine .. Son sang ? et pourquoi ? les vidéos de la maison de son ex, qu'a-t-elle fait les 3 premiers jours de sa disparition ? etc etc …
Bref comme tu le dis si bien l'agent Booney est nulle de chez nulle.
J’ai quand même aimé ce film … et Nathalie PORTMAN dans ce rôle j’aurais bien aimé.